Nouvelle

Le Cen Fournier m’a fait l’amitié de venir me voir en passant à Paris. Cette visite, je vous l’avoue, m’a causé une surprise vraiment agréable : j’ai cru revoir mon pays, mes parents, et tout ce que j’ai de cher dans cette patrie qui m’a vu naître.

Il a réveillé, dans mon âme, des souvenirs tendres et douloureux qui se retracent quelques fois dans ma mémoire.

J’aurai bien désiré le posséder quelques temps près de moi, mais une tendresse paternelle l’appelle au sein de sa famille et je le quitte avec regret.

Plus heureux que moi, il va se reposer sur des lauriers bien doux que la confiance de ses concitoyens et l’amour de sa famille lui donneront ! Il vous verra, ma pauvre mère ! Mais moi, j’en suis privé, peut-être pour toujours ! Et j’éprouve le cruel regret de ne pouvoir adoucir des jours que j’aurai voulu passer auprès de vous, mais hélas ! La fortune me fait sans cesse éprouver des revers, et je suis aujourd’hui aussi malheureux que jamais.

L’espoir et le courage me soutiennent. Fasse le ciel que je puisse, au moins, un jour, vous prouvez, que je suis votre meilleur ami et fidèle fils.

La seconde lettre de Larrey a été très délicate à transcrire. En effet, le copiste étant anglosaxon, ce document contient d’innombrables fautes d’orthographe, de copie et de ponctuation (quasiment aucun point…). Je compte sur vous pour repérer d’éventuelles erreurs et apporter des précisions sur le contexte et les personnalités citées.

Le contenu est par contre particulièrement riche. Larrey y parle aussi bien de l’organisation des hôpitaux de campagne que de sa famille.

J’arrive de Modène et de Mentone où j’ai été envoyé pour visiter les hôpitaux. J’ai trouvé chez le commissaire général ta lettre du 10 et une de mon beau-frère Benoît et ma soeur où ils me parlent de toi avec le plus grand intérêt. Ils désireraient te voir plus souvent chez eux. Va les voir quelques fois, cela te fera du bien et conservera l’amitié qui règne maintenant parmi vous.