Un Poilu raconte la joie des soldats à l’Armistice, 12 novembre 1918

 

F.M
Monsieur E. Coussirou
à Aubas
Par Montignac
Dordogne

Le 12 Novembre

Bien chers parents,

Je n’ai pu vous écrire hier comme j’aurais dû le faire. Les manifestations de toutes sortes m’en ont empêché. C’est donc fini. Nous avons de la peine à le croire. Je ne puis vous décrire l’enthousiasme qui règne ici parmi les troupes. C’est du délire. Vraiment ce sont de belles journées. A l’intérieur il doit en être de même sans doute.
Je ne sais ce qu’on va faire de nous.

Des bruits circulent. On dit que nous irions en Alsace ou en Lorraine, et la rive gauche du Rhin serait occupée par les Alliés, Américains Anglais et Belges. Ce n’est pas une perspective désagréable. Nous avons vu hier les conditions détaillées de l’armistice. Elles sont sérieuses.

J’ai eu enfin deux mots de Gabriel me disant que c’était également fini pour eux depuis le 5. Ils vont sans doute revenir en France. Cela n’a plus d’importance maintenant. A bientôt.

Je vous embrasse tous bien affectueusement.
René.

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